Les disparues de Vancouver
April 12th, 2010 | Published in Personal
Au printemps 2002, nous apprenions que nous pouvions Vancouver, ville inconnue qui s’offrait à nous depuis seulement quelques jours, mais que nous devions éviter l’est du centre-ville, car un tueur en série y rôdait. Il y enlevait des prostituées, et personne ne les revoyait jamais. Il ne s’agissait pas d’une, deux, trois, quatre, ou même cinq femmes, mais bien d’une septantaine de victimes au cours des 20 années précédentes.
Nous nous sommes bien gardées de traverser seules ce quartier et avons été soulagées, quelques jours temps tard, d’apprendre que l’on avait retrouvé l’assassin, un éleveur de porcs de Coquitlam. en banlieue de la ville.
Les années qui ont suivi ont connu le dévoilements des faits les plus horribles. Le procès, tout d’abord public, donna lieu à des effusions de violence de la part de la population indignée. Comment un homme avait-il pu être aussi barbare? Comment la police avait-t-elle pu être si peu efficace? Des prostituées avait disparu, souhaitait-on davantage leur disparition que n’importe quelle jeune femme envers qui la vie avait été plus clémente?
Cette histoire fit couler beaucoup d’encre. Nombre de victimes ne furent jamais retrouvées, jamais identifiées. A jamais liées à la terre, aux animaux, aux outils, et à nous… concitoyens carnivores.
Huit ans plus tard, j’aperçois le titre d’un roman: Les disparues de Vancouver. Mon esprit se dirige vers les souvenirs d’un quartier bâti de misère, vers les articles décrivant la cruauté humaine, et un malaise monte. Tout écrivain est susceptible de prendre une histoire vraie et d’en faire ce qu’il veut. Lui être fidèle. Ou pas. Je ne peux m’empêcher de penser à ces microscopiques bouts de femmes dispersés aux vents, à ces âmes oubliées ressurgissant pour être mieux oubliées ensuite. J’espère que l’auteure, Elise Fontenaille, leur a témoigné le respect que d’autres n’ont pas daigné leur accorder. J’espère et bientôt, je découvrirai.